Situation en Gambie

22 Jan

Situation en Gambie

Situation en Gambie : Fermeté pour défendre la démocratie et dialogue impératif pour préserver la paix

Une déstabilisation de la Gambie menacerait directement la sécurité intérieure du Sénégal et pourrait provoquer des troubles dans notre sous-région ouest africaine au vu de la porosité de nos frontières.

Tous les démocrates du monde entier avaient salué, de bonne foi, cet acte de reconnaissance des résultats de l’élection présidentielle gambienne par le Président Jammeh, confirmant ainsi l’alternance dans le pays avec la victoire du Président élu BARROW. Cette acceptation de la volonté populaire, sortie des urnes, laissait présager d’un avenir éclairci pour apaiser les cœurs et les esprits afin de pouvoir travailler ensemble à la réconciliation nationale, gage de la nécessaire reconstruction du pays.

Cet espoir tué avec ce volte-face du pouvoir en place qui décide de rejeter finalement le verdict des élections mérite une attention particulière du Sénégal et de la communauté internationale en général puisqu’il y va de la paix et de la sécurité internationales.

Il est urgent d’agir de façon réfléchie et dépassionnée pour préserver la stabilité et la quiétude des populations.

Nous exhortons les autorités sénégalaises à prendre l’initiative, au-delà des communiqués, de saisir et de sensibiliser la communauté internationale sur l’impérieuse nécessité d’actions et de réactions concertées et communes pour préserver la paix en Gambie et faire respecter la démocratie. Cette série de mesures doit se décliner à plusieurs niveaux, à savoir :

•La mise en œuvre effective et par tous moyens de dispositifs de protection des ressortissants sénégalais vivant en terre gambienne afin d’assurer leur sécurité dans ces moments de trouble qui s’annoncent

• La saisine du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, de l’Union Africaine et de la CEDEAO pour étudier rapidement toutes mesures pouvant conduire le Président Jammeh à transmettre pacifiquement le pouvoir à l’expiration de son mandat

• La mise en œuvre de mesures diplomatiques fortes pouvant amener le pouvoir gambien à la table des négociations et de discuter d’une sortie de crise rapide et apaisée, nécessaire pour préserver la stabilité du pays. Cela passera systématiquement par la protection du Président élu Barrow, dépositaire de la confiance de la majorité des populations gambiennes.

Il appartient dès à présent au Sénégal de prendre les devants pour mener toutes ces initiatives et de travailler à apaiser la crise qui serait néfaste pour nous tous.

La responsabilité de l’opposition gambienne est aussi engagée pour permettre une sortie de crise honorable. Nous lançons un appel solennel au Président élu Barrow et à l’ensemble des forces vives de l’opposition de savoir raison garder. L’épreuve du pouvoir et la responsabilité de cette alternance démocratique souhaitée exige de la hauteur et un esprit d’apaisement, loin des velléités de vengeance ou de règlements de compte. L’exemple de Mandela, après 27 ans passés en prison sous le régime de l’apartheid, devrait suffire tant il a démontré au monde entier cette capacité de pardon au profit de l’intérêt général. Mandela avait théorisé la nation arc-en-ciel dès sa prise de fonction, offrant ainsi une chance de réconciliation nationale et permettant au pays de se concentrer sur les efforts de redressement. C’est ce que nous attendons du Président élu Barrow pour préserver la paix et la sécurité en Gambie.

Le Sénégal est interpellé et nous devons travailler à faire revenir la paix et la stabilité en Gambie car les nôtres en dépendent aussi, si l’on sait l’impact d’une déstabilisation de ce voisin gambien sur notre belle Casamance.

La diplomatie doit entrer en jeu et faire respecter la fermeté dans le respect de la démocratie et le dialogue entre les parties pour préserver la paix et éviter le chaos.

Babacar BA
Président Alternatives Citoyennes
#alternativescitoyennes, #alternatives_citoyennes

Write a Reply or Comment